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LE TRAVAIL FORCÉ DANS LE MONDE

Le travail forcé : qu'est-ce que c'est ?

La communauté internationale définit le travail forcé par des situations dans lesquelles les personnes impliquées - femmes et hommes, filles et garçons - doivent travailler contre leur gré, contraints par leur recruteur ou leur employeur utilisant la violence ou la menace de violence, ou des moyens plus subtils comme le surendettement, la confiscation des papiers d'identité ou des menaces de dénonciation aux services d'immigration. Ces situations peuvent aussi bien relever de la traite d'êtres humains que de pratiques comparables à l'esclavage. Le droit international qualifie le travail forcé de crime qui doit être puni par des sanctions reflétant la gravité du délit.

Les conventions élaborées par l'OIT

L'Organisation internationale du travail (OIT) a élaboré trois conventions devant être appliquées par les Etats les ayant ratifiées :

  • La première porte le n° 29 et date de 1930. Elle interdit le travail forcé ou obligatoire défini comme ″tout travail ou service exigé d'un individu sous la menace d'une peine quelconque et pour lequel le dit individu ne s'est pas offert de son plein gré″ ;
  • La seconde date de 1957 et porte le n° 105. Elle condamne le travail forcé ou obligatoire comme moyen de coercition ou d'éducation politique ou comme sanction pour avoir tenu ou exprimé certaines opinions politiques ou encore pour avoir manifesté une opposition idéologique à l'ordre politique, social ou économique établi ;
  • La dernière date de 1999 et porte le n° 182. Elle dénonce le travail forcé ou obligatoire des enfants âgés de moins de 18 ans comme l'une des pires formes de travail des enfants.

Où en sommes-nous aujourd'hui ?

D'après l'étude réalisée cette année par l'OIT, il existerait encore dans le monde près de 21 millions de victimes du travail forcé dont 26% (soit 5,5 millions de personnes) auraient moins de 18 ans. En rapportant ce chiffre à la population mondiale, cela équivaut à dire que 3 personnes sur 1000 dans le monde sont victimes du travail forcé.

Dans quels pays s'exerce le travail forcé ?

Selon l'OIT, la région la plus impactée par ce fléau est la région Asie-Pacifique avec 11,7 millions de personnes concernées, soit 56% du nombre total de travailleurs forcés. L'Afrique suit avec 3,7 millions de personnes concernées représentant 18% du nombre total des travailleurs forcés. L'Amérique latine se trouve en troisième position avec 1,8 million de personnes concernées représentant 9% du nombre total de travailleurs forcés dans le monde. Au Moyen-Orient, l'OIT estime à 600 000 les victimes du travail forcé (soit 3% du nombre de travailleurs forcés dans le monde).

Et en Europe ?

Les économies développées et l'Union européenne ne sont pas épargnées puisque l'étude y recense 1,5 million de travailleurs forcés (soit 7% du nombre total des travailleurs forcés au monde). Le même pourcentage s'applique aux pays d'Europe centrale et du Sud-est de la Communauté des Etats indépendants (CEI) avec 1,6 million de travailleurs forcés dénombrés.

Les secteurs concernés par le travail forcé

Au-delà de leur répartition géographique, l'étude révèle que 18,7 millions de travailleurs forcés (soit 90% du nombre total) sont exploités dans l'économie privée. Parmi eux, 14,2 millions (soit 68%) sont travailleurs forcés dans des activités telles que l'agriculture, la construction, le travail domestique ou la production manufacturée. Les 4,5 millions restants (soit 22%) sont victimes d'exploitation sexuelle et sont composés d'une proportion de femmes proche des 100%.

Quant aux formes de travail forcé imposées par l'Etat, elles concernent 2,2 millions de personnes (soit 10% du nombre total des travailleurs forcés) et s'appliquent par exemple au sein des prisons dans des conditions qui violent les normes de l'OIT, ou dans des activités imposées par l'armée nationale ou par des forces armées rebelles.

Quel avenir ?

Selon Mme Beate ANDREES, qui chapeaute le programme combattant le travail forcé au sein du Bureau international du travail (BIT), ″réussir à mener des poursuites à l'encontre de quelques individus qui entraînent dans la misère tant de victimes demeure difficile - cela doit changer. Nous devons aussi nous assurer que le nombre des victimes n'augmente pas avec cette crise économique qui fragilise de plus en plus les gens face à des pratiques détestables."

L'étude de l'OIT : http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_182005/lang--fr/index.htm


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