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La santé mentale des salariés

La santé mentale des salariés

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'inquiète du coût économique des nouvelles maladies liées à la précarisation du travail. Dans une étude parue en décembre dernier, l'OCDE constate, à l'aune de la crise économique, de la mondialisation et des nouvelles organisations de travail, la dégradation de la santé mentale des travailleurs et stigmatise les dépenses qu'elle engendre.

L'organisation, qui regroupe 34 pays parmi les économies les plus avancées, mais aussi quelques émergents comme le Chili, la Turquie ou le Mexique se risque à qualifier la santé mentale de "nouveau défi prioritaire pour le marché du travail". Selon elle, "la précarisation croissante des emplois et l'augmentation actuelle des pressions au travail pourraient entraîner une aggravation des problèmes de santé mentale dans les années à venir".

Pour l'OCDE, "mauvaise santé mentale" signifie dépressions graves, toxicomanies sévères (alcool, drogue), troubles maniaco-dépressifs, ...tous ces maux étant établis par un diagnostic médical. Or, le coût de la mauvaise santé mentale des travailleurs, ainsi que celle des demandeurs d'emploi, encore plus vulnérables, représente "pour les individus concernés, les employeurs et la société 3 à 4% du produit intérieur brut dans l'Union européenne". Selon l'Organisation, les taux de chômage élevés, la "forte incidence de l'absentéisme pour maladie et d'une moindre productivité au travail" expliquent les coûts de ce fléau grandissant.

Car la grande majorité des personnes souffrant de troubles mentaux travaillent. Leur taux d'emploi varie, selon les pays, entre 60% et 70%, soit une quinzaine de points de moins que les personnes en bonne santé. Le rapport souligne que "ces salariés sont plus souvent malades, plus longtemps et, surtout, quand ils sont au travail, ils ne font rien, ce qu'on appelle le présentéisme".

La crise économique et ses conséquences semblent l'une des explications majeures de la détérioration de la santé mentale des salariés. L'étude révèle ainsi que "la perte de l'emploi aggrave la détresse psychologique plus que n'importe quel autre évènement de la vie, comme un accident ou la perte d'un conjoint". Mais le risque de la perte d'emploi représente un facteur non négligeable de la détérioration de la santé mentale des travailleurs. Ce risque, qui était ressenti par 14% des salariés en 2005, a atteint 17% en 2010, et est passé de 21% à 40% chez les travailleurs temporaires qui sont, d'après l'étude "plus nombreux à souffrir de troubles mentaux".

La portée de l'évolution des modèles économiques est considérable. Ainsi, les demandes de pensions d'invalidité, autrefois liées aux accidents dans l'industrie, sont de plus en plus dues aux maladies mentales. L'OCDE, en ayant compilé des études menées dans quelques pays et des comparatifs internationaux, considère qu'une demande de pension d'invalidité sur trois, et dans certains pays une sur deux, est motivée par des problèmes mentaux. Ce chiffre est en augmentation depuis le milieu des années 1990.

Selon l'économiste responsable du rapport, "l'évolution vers une économie de services complique la donne : le contact avec les gens fragilise les personnes plus faibles mentalement qui résistent moins bien à la pression". Il s'ensuit un phénomène de tension au travail qui s'est fortement accru dans presque tous les pays de l'OCDE. Au Royaume-Uni, 40% des salariés se déclaraient concernés en 2010 contre 25% en moyenne sur la décennie 1995-2005. En France, 30% contre 20% sur les mêmes périodes de référence et, en Espagne, 41% contre 29%.

Cependant, l'OCDE suppose que l'accroissement des troubles mentaux trouve aussi partiellement son explication dans le fait qu'ils sont plus nombreux à être détectés et divulgués, "grâce au recul progressif des préjugés et de la discrimination".

Pour autant, le Parlement européen vient d'adopter un rapport visant à renforcer la sécurité et la santé au travail. Mme Karima DELLI, députée européenne et rapporteure, a souligné la nécessité pour tous les Etats membres de mettre en œuvre l'accord-cadre de 2004 rappelant que "le stress au travail est reconnu comme un obstacle majeur à la productivité".

Pour accéder à l'étude de l'OCDE, consultez le lien suivant : http://www.oecd.org/dataoecd/7/4/49540729.pdf


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