L'accompagnement des partenaires sociaux lors de la mise en place des régimes collectifs de protection sociale

Accueil > L’Actu archivée > L’inégalité hommes-femmes devant la retraite

Sous-rubriques

L'inégalité hommes-femmes devant la retraite

Que ce soit pour l'envisager, la préparer ou la percevoir, l'inégalité entre les hommes et les femmes en matière de retraite est confirmée.

D'après une étude réalisée par HSBC Assurances, tout commence par une différence de perception de cette période de la vie. En effet, 58% des femmes quinquagénaires l'associent aux difficultés financières contre 36% des hommes du même âge. Par ailleurs, comme elles ont une espérance de vie plus longue de 6 ans en moyenne que les hommes, les femmes doivent provisionner plus de revenus complémentaires. Mais en réalité, elles sont beaucoup moins actives que les hommes dans la constitution de leur patrimoine. Et quand elles épargnent en vue de leur retraite, 59% des épargnantes privilégient une approche si prudente pour leurs placements qu'elles se privent d'un éventuel supplément de rendement.

Globalement, les Français épargnent plus pour la retraite que les Françaises (28% contre 22%) et remboursent plus largement l'emprunt pour le logement (32% contre 29%).

A la décharge des femmes, et quelque soit le niveau de leur revenu, il faut leur concéder d'autres priorités : leurs enfants et leur famille. En effet, pour la moitié des Françaises, il est important de pouvoir vivre à proximité de sa famille à la retraite, contre 39% pour leur conjoint. De surcroît, 60% des femmes souhaitent transmettre un patrimoine à leurs enfants (contre 46% des hommes).

Quand il s'agit du montant de la retraite, l'écart entre les genres se confirme, car si les femmes sont majoritaires parmi les retraités, elles perçoivent des pensions de droit direct pratiquement 2 fois plus faibles que celle des hommes du fait de carrières moins favorables. C'est le constat établit par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) dans une étude, publiée en mai 2011 et portant sur les retraites perçues en 2008.

Ainsi, si fin 2008, 13,4 millions de retraités perçoivent une pension de droit propre s'élevant en moyenne à 1.245€ mensuels, la distinction par genre accorde une moyenne mensuelle de 879€ aux femmes contre 1.657€ aux hommes. Même en prenant en compte la retraite globale (droits directs + avantages accessoires + droits dérivés), l'importance de l'écart perdure puisqu'alors la retraite des femmes est inférieure de 67% à celle des hommes. L'étude montre à cet égard que l'avantage principal de droit direct (acquis en contrepartie de l'activité professionnelle) représente en moyenne 75% de la pension des femmes mais 95% de celle des hommes. A l'inverse, les droits dérivés (pension de réversion) représentent une part importante de la pension moyenne des femmes (20% contre 1% de celle des hommes).

Mais, si les inégalités restent fortes entre hommes et femmes, elles ont tendance à s'atténuer un peu pour les générations les plus jeunes, puisque les femmes entre
65 et 69 ans perçoivent 56% du montant moyen de l'avantage principal de droit direct des hommes (soit 974€ mensuels), contre 41% (soit 663€ mensuels) pour celles de plus de 85 ans.

Ces inégalités ont de multiples facteurs. La moindre longueur des carrières féminines en est un : au moment de la liquidation de la retraite, 47% des femmes disposent d'une carrière complète contre 81% des hommes. Cependant, là aussi, l'écart se réduit au fil des générations, car si au début des années 1970 la moitié des femmes de 25 à 59 ans étaient actives, ce sont les ¾ d'entre elles qui le sont aujourd'hui.

Si, entre 2004 et 2008, l'avantage principal moyen de droit direct a augmenté de 12,7% (soit 3% en moyenne par an), c'est pour les femmes que la progression a été la plus sensible (4,1% par an contre 2,4% pour les hommes). Deux facteurs principaux expliquent la croissance des pensions. D'une part le renouvellement de la population : les personnes décédées entre 2004 et 2008 percevaient en général une retraite plus faible que la moyenne en 2004. D'autre part, l'arrivée des nouveaux retraités qui, du fait de carrières généralement plus favorables, obtiennent des niveaux de pensions plus élevés que les anciens retraités. L'effet des entrées/sorties apparaît nettement plus important pour les femmes que pour les hommes.

Mais les écarts entre les montants moyens des avantages de droit direct entre les hommes et les femmes sont dus aussi en partie aux nombre de régimes de base auxquels ils ou elles ont cotisé. Ainsi, les polypensionnés (affiliés à plusieurs régimes) qui représentent 44% de la population masculine retraitée résidant en France, perçoivent une pension de droit direct inférieure à celle perçue par les unipensionnés d'environ 10%. C'est l'inverse chez les femmes : les polypensionnées qui représentent 27% des retraitées vivant en France touchent une pension de droit direct en moyenne plus élevée que celle des unipensionnées d'environ 7%.

Nonobstant la multiplication ou non des régimes de base, l'activité exercée et le genre, l'affiliation joue aussi un rôle non négligeable. Ainsi, par exemple, les anciens salariés agricoles percevaient fin 2008 une retraite de droit direct d'un montant moyen de 1.426€ mensuels tandis que les unipensionnés de la Fonction publique civile d'Etat touchaient une pension de 2.479€.

Pour accéder à l'étude de la DREES, consultez le lien suivant : http://www.sante.gouv.fr/no-758-les-retraites-percues-fin-2008.html


Menu

Espace Membres

Authentification

mot de passe oublié ?

Copyright Adlec Conseil, création du site web et marqueur statistiques

© adlec.com