L'accompagnement des partenaires sociaux lors de la mise en place des régimes collectifs de protection sociale

Accueil > L’Actu archivée > L’immigration et la protection sociale

Sous-rubriques

L'immigration et la protection sociale

Depuis le 19ème siècle, les travailleurs immigrés ont contribué au développement économique de la France, pays traditionnel d'immigration. Des économistes de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII) ont choisi de réaliser une étude sur la question de l'immigration, quitte à bousculer au passage quelques idées reçues.

Notre pays est l'un des plus vieux pays d'immigration en Europe. Au début du 20ème siècle, la France comptait près de 1 million d'immigrés, contre 5 millions actuellement. Dans les années 1920, une moyenne annuelle de 300.000 immigrés, c'est-à-dire des personnes étrangères nées hors de France, faisaient leur entrée dans l'Hexagone. Ils étaient 200.000 en 2010.
Après les années 1960, où le besoin de main d'œuvre était si important que les entreprises françaises allaient débaucher des ouvriers immigrés dans leur propre pays (Maroc et Algérie en tête), les flux migratoires ont été régulés, et ce depuis 1974. Depuis maintenant environ 20 ans, les arrivées d'étrangers non communautaires sont à peu près stables, aux environs de 150.000 à 200.000 personnes par an. Parallèlement, 100.000 individus quittent chaque année notre pays, qu'ils soient immigrés de retour dans leur pays ou Français partis s'établir à l'étranger. Le solde migratoire s'établit donc à environ 100.000 personnes par an en France. Comparé aux autres pays développés, ce nombre est bien modeste : en Norvège, en Italie ou en Espagne, le nombre d'immigrés est plus de deux fois supérieur. Le sentiment des Français, évoqué récemment par l'un de nos ministres, "de ne plus se sentir chez eux" résulterait de la forte concentration des immigrés dans certaines zones géographiques cumulant souvent plusieurs handicaps. En effet, selon le Président du Haut Conseil à l'intégration, "un immigré sur cinq vit en zone urbaine sensible, où le taux de pauvreté est près de trois fois plus élevé que sur l'ensemble du territoire".
Question protection sociale, notre pays est l'un des plus généreux des pays développés. Selon l'étude menée par les chercheurs du CEPII, les populations immigrées sont, à première vue, plus souvent bénéficiaires de la protection sociale - hors retraite et hors santé - qui sont de loin les deux plus importants postes de dépenses. En effet, "les immigrés issus du Maghreb et ceux issus du reste de l'Afrique sont respectivement 1,6 et 1,7 fois plus nombreux à recevoir des allocations chômage, et 3,8 et 3,9 fois plus représentés parmi les bénéficiaires du RMI". Cependant, les immigrés sont faiblement représentés parmi les plus de 60 ans qui sont les premiers bénéficiaires de la protection sociale (maladie et retraite essentiellement) et leur poids dans les comptes sociaux est faible malgré le taux de chômage élevé. Les auteurs soutiennent que "même si en moyenne les immigrés semblent payer moins de taxes et recevoir plus de transferts que les natifs, la différence de structure par âge de la population immigrée, regroupée dans les classes d'âges actives, [...] conduit à une contribution nette moyenne des immigrés au budget de l'Etat supérieure à celle des natifs". Sur un plan strictement budgétaire, la présence d'immigrés est même positive du fait de l'apport régulier d'individus actifs.
Les économistes du CEPII concluent leur étude en affirmant que "l'immigration réduit le fardeau fiscal du vieillissement démographique" et que "sans cet apport, dans l'hypothèse d'une immigration zéro, le besoin de financement de la protection sociale à l'horizon du siècle passerait de 3% à environ 5% du PIB".


Menu

Espace Membres

Authentification

mot de passe oublié ?

Copyright Adlec Conseil, création du site web et marqueur statistiques

© adlec.com