L'accompagnement des partenaires sociaux lors de la mise en place des régimes collectifs de protection sociale

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Chez nos voisins …

L'an dernier, le coût moyen d'une heure de travail dans le secteur privé allemand a progressé de 4,1%, s'établissant à 32,9 € tandis qu'en France, il augmentait de 0,9%. Au cœur du modèle exportateur allemand, dans l'industrie de transformation, le coût moyen d'une heure de travail s'élève à 35,60€, accusant une hausse de 5,1% alors que le même coût en France se cantonne à 33,50€, soit une augmentation de 0,3%.

Cette hausse serait principalement due au recul du nombre d'heures travaillées en 2009 par les salariés allemands. En effet, près d'un million d'Allemands se trouvent en chômage partiel, dans un dispositif favorable à leurs employeurs mais dont l'impact se répercute sur le coût du travail.
A contrario, les salaires, avec l'instauration d'une politique de rigueur draconienne, sont revus à la baisse et les emplois "à bas salaires" sont légion, particulièrement dans les services, le commerce et la restauration. Actuellement, près de 6,5 millions de ces emplois (inférieurs à 9,62€ bruts horaires à l'Ouest et inférieurs à 7,18€ bruts horaires à l'Est) sont recensés, soit près d'un salarié sur cinq. Les salariés concernés doivent demander l'allocation Hartz IV, mélange de RMI et RSA, pour atteindre un minimum vital. Ces " emplois à bas salaires " ont vu leur développement dès les années 90 mais se sont multipliés avec l'adoption de réformes du marché de l'emploi (réformes Hartz DE 2003 à 2005), l'essor des "minijobs" non soumis à cotisations sociales patronales, la création de l'allocation Hartz IV ou encore la libéralisation totale du secteur des emplois intérimaires. Du coup, le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a progressé d'1/3 en 10 ans, s'établissant à 11 millions et alors qu'elles représentaient 62% de la population en 2000, les classes moyennes n'en représentent plus aujourd'hui que 50%.
Pour toutes ces raisons, l'idée d'un salaire minimum, actuellement inexistant en Allemagne, progresse et apparaît comme un frein à cette spirale descendante. A ce jour, seul un compromis a été accepté par le dernier gouvernement : si les partenaires sociaux d'un secteur d'activité sont majoritaires
(représentant plus de 50% des salariés), ils peuvent négocier un salaire minimum de branche qui doit être validé par une commission tripartie siégeant au ministère de l'Emploi et, en cas d'acceptation, l'accord s'applique à toutes les entreprises du secteur. Ainsi, 13 branches d'activité (soit environ 2,8 millions de salariés) ont pu bénéficier d'un salaire minimum. Or, avec une obligation de renégociation régulière, ces accords ne sont en rien pérennes car soumis à la bonne volonté des gouvernements en place.


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